2. Le graveur des antiquités romaines
Jusqu'à sa mort, Piranèse ne devait plus cesser de dessiner et de graver les œuvres de l'Antiquité, à Rome, dans la campagne romaine où il fouille, surtout à la villa Hadriana. Il collectionne infatigablement les fragments d'architecture, échangeant et marchandant avec Gavin Hamilton ou le cardinal Albani, et, surtout, il commence à publier ses œuvres : son premier recueil gravé, Prima Parte d'architettura (1743), présente un choix de monuments « à l'antique », mais imaginaires, qui témoignent de son admiration pour Rome et pour Palladio plutôt que de scrupules archéologiques. Ce goût pour les restitutions grandioses et la fiction a posteriori lui inspira encore, en 1761, cette gigantesque rêverie qu'est Il Campo Marzo. Les Prisons constituent l'aboutissement le plus neuf de cette méditation « visionnaire » sur le passé. Cependant, dès 1744, les Capricci, d'un « métier blond », sensible et brillant, trahissaient un sentiment nouveau des ruines pittoresques, inspiré sans doute des Inventions de Jean-Laurent Legeay, pensionnaire à l'Académie de France depuis 1738 et dont l'action devait être déterminante sur les jeunes générations d'architectes français. Toutefois, la manière propre de Piranèse s'affirma vite ; son dessin exact, qui détaille les appareils et les structures, n'exclut pas l'amplification systématique des proportions, la surenchère de la perspective : Goethe se plaindra que les ruines de Rome ne soient pas à l'échelle des gravures de Piranèse. Mais l'ensemble des planches constitue une sorte de musée imaginaire, accessible à un public accru de voyageurs et d'amateurs, ainsi qu'un prodigieux répertoire de formes pour les artistes. On citera : Opere varie di architetture, prospettive, grotteschi (1750) ; Trofei di Ottaviano Augusto (1753) ; Le Antichità romane (1756, recueil dédié à Robert Adam) ; Le Rovine del castello dell'Acqua Giulia (1761) ; Lapides capitolini (1762) ; Le Antichità di Cora (1763) ; Antichità d'Albano e di Castel Gandolfo ( […]
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