2. Techniques de fouille et d'analyse
Ces restes de campement, en eux-mêmes dénués de valeur, n'ont d'intérêt que si on les dégage soigneusement, en laissant tous les vestiges en place, de façon à pouvoir observer leur position relative : la fouille en décapage permet de retrouver la structuration de l'espace domestique telle qu'elle a été créée, volontairement ou involontairement, par les occupants et restitue une image proche de celle que ceux-ci pouvaient conserver à l'esprit de leur campement lorsqu'ils partaient vers d'autres lieux de séjour.
La première étape du travail consiste donc à mettre au jour le sol d'habitat enfoui en enlevant seulement le sédiment qui enrobe les vestiges. Lorsqu'on considère que l'optimum de décapage est atteint et que tous les éléments paraissent reposer sur leur base comme s'ils venaient d'y être déposés, il convient non seulement d'observer avec soin l'organisation du sol, mais aussi d'en conserver l'image par divers moyens d'enregistrement. En effet, l'étude des vestiges découverts nécessite une manipulation qui ne peut se faire qu'en laboratoire et il n'est pas possible de les laisser en place.
Chaque mètre carré de sol fouillé fait l'objet d'une photographie verticale sur laquelle tous les objets prélevés seront repérés et dûment numérotés. À partir de ces indications, il sera toujours possible, par la suite, de retrouver leur position exacte sur le sol. Les plans photographiques verticaux servent ensuite à l'établissement d'un plan général sur lequel toute la structure fouillée est représentée. Des relevés altimétriques enregistrent par ailleurs le pendage du sol et les hauteurs relatives des objets. Enfin, de très nombreuses prises de vue obliques conservent l'image « naturelle » de l'ensemble du sol ou celle des détails significatifs. Souvent, lorsque le sol décapé paraît particulièrement intéressant, on procède, avant l'enlèvement des objets, à un moulage du sol d'habitat selon un procédé qui a été mis au point en 1964 par M. Brézillon pour la pre […]
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