3. Les changements de couleur
La pigmentation d'un animal n'est pas nécessairement constante, et bien souvent les animaux présentent des changements de coloration que l'on peut diviser en deux types fondamentalement différents. On distingue d'une part des changements de couleur rapides (de quelques minutes à quelques heures) et réversibles, encore appelés changements physiologiques et, d'autre part, des changements de couleur plus lents mais durables, appelés changements morphologiques.
Les changements de couleur physiologiques sont la plupart du temps liés à une modification de la distribution spatiale des grains de pigments, dont la quantité reste constante. Les grains de pigment à l'état dispersé sont en effet beaucoup plus visibles que s'ils sont accolés les uns aux autres en formant une masse punctiforme. Ce mécanisme est particulièrement évident dans les mélanophores dermiques, cellules étoilées de forme fixe, dont les mélanosomes peuvent migrer rapidement pour occuper l'ensemble de la cellule (forme sombre) ou se ramasser en son centre (forme claire), selon le schéma de la figure. La migration des grains de pigment, au lieu d'être centrifuge, peut s'effectuer dans le sens basal-apical, comme chez le phasme, qui présente un aspect sombre la nuit et une forme claire le jour. Dans d'autres cas, la modification de répartition spatiale des granules pigmentaires s'accompagne d'un changement de forme des cellules pigmentées. On peut retenir ici deux exemples qui correspondent à des mécanismes fort différents : chez la larve de corèthre, les chromatophores sont amiboïdes et peuvent s'étaler pour recouvrir les « flotteurs » (sacs aériens) si l'animal est placé sur fond noir alors que chez les céphalopodes, l'étalement des chromatophores est dû à la contraction de fibres musculaires qui sont accrochées à leur pourtour.
Les changements morphologiques de couleur sont liés à une modification du contenu en pigments, dont les causes peuvent être multiples. On range dans cette catégorie des changements saisonniers, comme l'alternance pelage d'été (brun)/pelage d'hiver (blanc) chez l'hermine, par exemple […]
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