3. Promoteur du pétrarquisme
En 1530, année où il reçut du Conseil des Dix la charge d'historiographe de la république de Venise et fut appelé à diriger la bibliothèque qui allait devenir la Marcienne, Bembo réunit et publia les poésies qu'il avait composées. Elles constituent un parfait exemple du goût fondé sur l'imitation d'un seul auteur, Pétrarque en l'occurrence, même quand transparaît, comme il advient dans des Stanze composées en 1507, l'intention de rivaliser avec Politien. La souveraine élégance de ces vers détourne, parfois à tort, d'y chercher une quelconque sincérité lyrique. Au vrai, Bembo était si profondément imprégné de Pétrarque – et si homme de lettres avant tout – que, non content d'en épouser avec dévotion le langage poétique, il portait assez naturellement en soi une image de son amour toute proche de celle qu'il se faisait de l'amour de Pétrarque pour Laure. En cela encore, les conséquences de son œuvre et de sa réputation furent considérables : nul, sans doute, n'a fait davantage pour affermir le culte de Pétrarque, qui se répandra pour un siècle et plus sur toute l'Europe occidentale.
En 1539, son élévation à la pourpre, prononcée par le pape Paul III malgré les rumeurs malveillantes qui couraient sur la vie privée du nouveau cardinal, trouva Bembo occupé à poursuivre son travail d'historiographe et à rassembler aux fins de publication tous ses écrits, tant en latin qu'en langue vulgaire. Il partit alors pour Rome, où ses tâches lui firent souvent regretter ses paisibles demeures de Padoue et de Venise. La mort l'y atteignit le 18 janvier 1547.
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