Homme politique sud-africain, né le 12 janvier 1916 à Paul Roux, État libre d'Orange, mort le 31 octobre 2006, à Wilderness, près de George, Cap-Occidental.
Pieter Willem Botha étudie le droit (1932-1935) à Bloemfontein, à l'université de l'État libre d'Orange, qu'il quitte sans diplôme. Entré en politique dès l'adolescence, il part à vingt ans s'installer dans la province du Cap pour travailler à plein temps à l'organisation du Parti national (N.P.) relancé par Daniel Malan après sa rupture avec James Hertzog. Il est élu député à George, en 1948, lors la victoire électorale du N.P. allié au Parti afrikaner. À partir de 1958, il est présent dans les gouvernements de Hendrik Verwoerd puis de John Vorster, prenant en charge notamment le portefeuille de la Défense de 1966 à 1980. Il est à ce titre l'un des promoteurs de l'expédition militaire en Angola lancée en 1975 contre le régime marxiste du M.P.L.A., et c'est sous sa direction que l'Afrique du Sud met en œuvre un programme nucléaire civil et militaire.
En 1978, il succède à Vorster au poste de Premier ministre. Nationaliste afrikaner et anti-communiste convaincu, Pieter Botha est aussi le dirigeant pragmatique – en dépit d'une apparence rigide – d'un pays diplomatiquement isolé, entouré de gouvernements noirs et qui refuse de renoncer au Sud-Ouest africain (auj. Namibie). Avec lui commence – à petits pas – l'entrée de l'Afrique du Sud dans l'ère de l'après-apartheid. Ses réformes en la matière, comme sa politique d'octroi de « l'indépendance » à plusieurs homelands noirs, et une nouvelle Constitution (1983) accordant des pouvoirs très limités aux Asiatiques et aux « Coloureds » (métis de diverses origines), mais rien aux Noirs, tendent aussi à apaiser l'opinion publique internationale tout en divisant l'opposition nationale non-blanche. Ces initiatives provoquent les protestations de nombreux membres du N.P., qui, en 1982, s'en vont former le Parti conservateur.
Pieter Botha devient président de la République en 1984, élu par le Parlement tricaméral instauré par la nouvelle Constitution qui a également supprimé le poste de Premier ministre. Il tombe malade en 1989 et démissionne de son poste de chef du N.P., avant de renoncer à la présidence plus tard dans l'année, confronté à l'opposition de son propre gouvernement. En 1997, son refus de paraître devant la Commission Vérité et Réconciliation lui vaut une une condamnation avec sursis, annulée en appel.
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