Né à Alost, petite ville de Flandre, où son père était échevin, mort à Bruxelles, Pieter Coecke est, avec les Flamands Lambert Lombard, Michel Coxie, Lancelot Blondeel et le Hollandais Jan van Scorel, un des hérauts de la pré-Renaissance aux Pays-Bas ; comme ces derniers, Coecke est un artiste universel, peintre, architecte, décorateur et théoricien, bref, un artiste tel qu'on l'entendait au xvie siècle, plus concepteur que réalisateur. Peu d'œuvres nous sont parvenues qu'on puisse attribuer à Coecke avec certitude et cela explique l'oubli dans lequel il était tombé, alors que de son temps il était considéré comme une figure de tout premier plan, si l'on en croit les relations des humanistes et des historiens de l'art, presque contemporains, tels Guicciardini, Vasari, Lampsonius et Van Mander. On ne sait rien de sa formation, mais il semble bien que, contrairement à la tradition établie depuis Van Mander, Coecke n'ait pas été formé à Bruxelles dans l'atelier de Van Orley, de 1517 à 1518, car l'influence « romanisante » de ce dernier et de Gossaert n'apparaît que beaucoup plus tard dans son style, et son intérêt pour la tapisserie ne se manifesta pas avant les années 1530. En 1526, établi à Anvers, il épouse Anna Mertens, fille du peintre Jan van Dornicke ; l'année suivante, il est inscrit comme franc-maître à la Gilde d'Anvers ; à la mort de son beau-père, il reprend la direction de l'atelier spécialisé dans la reproduction, destinée à l'exportation vers l'Espagne, le Portugal, l'Allemagne du Nord et vers la Pologne, de quelques thèmes religieux à succès, à partir d'une série de schémas invariables mis au point dans l'atelier même. C'est probablement autour de 1530 qu'il faut situer le séjour de Coecke à Bruxelles chez Van Orley, le grand fournisseur de cartons pour les tapissiers de cette ville. Par la suite, Coecke introduira à Anvers la technique de la tapisserie, mais les grandes tentures pour lesquelles il va lui-même fournir les cartons, telles la suite de l'Histoire de saint Paul […]
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