Que l'histoire se charge vite, très vite, de tout changer, « les journalistes le savent bien, eux qui ne sont du temps que nous vivons que les témoins, les greffiers », écrivit un jour Pierre Viansson-Ponté qui terminait son Histoire de la République gaullienne (2 vol., 1970-1971) par cette profession de foi : « [...] ce qui importe, plus que de gémir sur le malheur des temps, que de maudire son époque, que de tenter l'autopsie du monde fini, c'est d'essayer maintenant de comprendre quel monde commence. » Ce programme, « P.V.P. » l'avait fait sien dans sa vie comme dans son travail. Sa vie, ce fut d'abord, à vingt ans (il était né le 2 août 1920 à Clisson, Loire-Atlantique), la guerre. Après un diplôme d'études supérieures de droit public et d'économie politique et un doctorat en droit, il s'engage en 1940 et prend part comme aspirant aux opérations de la 6e armée, dans le 501e régiment de chars. Il est grièvement blessé. Ensuite, ce sera la Résistance, l'arrestation par la Gestapo, la Libération, les premières expériences de journalisme à Montpellier, avec la fondation de L'Homme libre, organe régional du Mouvement national des prisonnier […]
