L'image de Pierre Truche est spontanément associée au procès Barbie. L'y réduire constituerait non seulement une injustice mais surtout un contresens. Il aime à rappeler, en effet, que les procès extraordinaires doivent se traiter « à l'ordinaire », c'est-à-dire comme les autres. Il a abordé le crime contre l'humanité comme n'importe quel procès : voilà peut-être la raison de sa réussite. Pour lui, le pire des criminels, celui qui a refusé droits et respect à ses victimes, a néanmoins des droits à faire valoir, à commencer par le droit à la dignité. D'ailleurs tout procès n'a-t-il pas pour fonction in fine de rendre son humanité à tout criminel qui, du coup, quelle que soit l'horreur de son crime, cesse d'apparaître comme un monstre ? Un autre contresens consisterait à recenser les fonctions prestigieuses qu'il a occupées – depuis la présidence du groupe de travail de l'O.N.U. sur la création d'un Tribunal pénal international pour juger les crimes commis dans l'ex-Yougoslavie, sa participation à la fameuse commission Delmas-Marty jusqu'à la présidence de la commission de réflexion sur la justice, confiée par le président de la République en 1997. Parce que Pierre Truche est avan […]
