Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

SOULAGES PIERRE (1919- )

Page précédente Page suivante

2.  Jeu de matière et de surface

« J'aime l'autorité du noir, sa gravité, son évidence, sa radicalité », écrit Soulages. Les grands peintres ont toujours connu la qualité singulière du noir. Pissarro estimait que Manet était « le plus fort » parce qu'il « faisait de la lumière avec du noir » et chacun sait que Matisse utilisait le noir « comme une couleur de lumière et non comme une couleur d'obscurité ». Mais toujours, et par excellence chez Soulages jusqu'en 1979, le rapport noir-lumière s'établissait par contraste des couleurs ou des valeurs posées sur la toile. Avec l'outrenoir, le peintre déplace ce rapport de l'ordre de la contiguïté à celui de la simultanéité : sur la toile vers laquelle le regardeur avance, le même point donne à voir successivement le noir et le blanc et tout l'espace coloré qui va de l'un à l'autre. La lumière, qui semble jaillir de la peinture, joue comme une troisième dimension.

Jusqu'alors, dans les peintures de Soulages, le contraste se liait le plus souvent à l'opposition entre forme et fond, faisant naître des sortes de figures abstraites, tantôt statiques, tantôt dynamiques, toujours marquées par une grandeur interne, une tension, une intensité leur conférant une présence singulière. Dans la peinture déployée depuis 1979, avec une grande diversité, un renouvellement incessant au long de trois décennies, tout signe, forme ou figure disparaît au profit d'un travail de la surface tout entière, où l'organisation en polyptyques de très grande taille contribue fortement à rythmer le rapport du noir à la lumière. Les oppositions lisse-strié cèdent souvent la place à des surfaces entièrement couvertes de stries parallèles d'épaisseur variable produisant une vibration lumineuse illimitée. Ou bien, dans les années récentes, Soulages travaille toute la toile en aplat épais et y creuse de profondes « scarifications » où vient s'inscrire la lumière.

Régulièrement, à Houston d'abord, dès 1966, puis à Madrid (1975), au Centre Georges-Pompidou à Paris (197 […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« SOULAGES PIERRE (1919- ) » est également traité dans :

SOULAGES (exposition)

Écrit par :  Maïten BOUISSET

L'exposition consacrée en 2009 à Pierre Soulages, au Centre Georges-Pompidou, n'est pas la première du genre. En effet, l'artiste a été l'objet de très nombreuses manifestations un peu partout dans le monde. À Paris, on se souvient de l'exposition organisée dans ce même lieu en 1979, et de celle qui eut lieu en 1996 au musée d'Art moderne de la… Lire la suite
PARIS ÉCOLES DE

Écrit par :  Claire MAINGON

Dans le chapitre "La jeune école de Paris"  : …  l'école de Paris jusqu'à nos jours en considérant les œuvres de peintres contemporains tels que *Pierre Soulages (né en 1919) ou Bernard Dufour (né en 1922). Ces artistes, qui ont commencé à peindre dans l'immédiat après-guerre, sont les représentants d'une expression artistique qui tend à se raréfier ou à se modifier au profit des nouveaux… Lire la suite

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média