Théosophe lyonnais, dont il est difficile de saisir les idées directrices, qui ne semble d'ailleurs entretenir aucun rapport avec les martinistes et ne mentionne même pas Willermoz, son compatriote. Ce n'est pas par Willermoz que Ballanche s'initie aux doctrines illuministes du xviiie siècle, mais plutôt par la lecture de Joseph de Maistre, de Saint-Martin ou même de Charles Bonnet. Il transpose sur le plan de l'espèce humaine tout entière l'idée de palingénésie individuelle élaborée par ce dernier. Dans sa propre Palingénésie, Ballanche se demande si l'homme n'a pas pour tâche de transformer la terre et « jusqu'à quel point il peut entraîner la nature dans la sphère de la liberté humaine, l'assujettir, l'ennoblir en la domptant, en la subjuguant, en la transformant ». Il écrit dans Orphée : « Le monde détraqué par une intelligence déchue recouvrera son harmonie primitive par cette même intelligence régénérée. » Antimilitariste, anticlérical, Ballanche s'en prend à l'Église officielle ; pour lui, comme il l'explique dans La Ville des expiations, un collège de théosophes devrait se charger de la direction de toute vie spirituelle. Mé […]
