Le nom de Pierre Seghers ne saurait déjà échapper à tous ceux qui, de quelque manière, s'intéressent à l'histoire de la poésie française vers le milieu de ce siècle. Longtemps en effet l'activité la plus notoire de Pierre Seghers a été celle d'un éditeur, et d'un éditeur de poèmes. Né en 1906 dans une famille d'artisans originaire du Nord, il passe principalement dans le Midi ses années de jeunesse, y exerçant divers métiers. Mobilisé, il fonde la revue P.C. (Poètes casqués), à laquelle succédera Poésie, dont les millésimes de 41 à 45 évoquent à la fois les années sombres et l'espoir de clarté que les poètes y maintiennent, pour qui cette revue devient phare, tribune, lieu d'asile et de conspiration. Parallèlement, Seghers commence à éditer des recueils : de Frénaud, Aragon, Eluard, Tardieu et maints autres. Après la guerre, il orientera davantage son travail d'éditeur vers une vulgarisation utile et intelligente (notamment à travers des collections de monographies d'écrivains français ou étrangers), sans négliger les jeunes qu'il accueillera au contraire dans une profuse série de plaquettes, certes un peu « table d'hôte », mais où plus d'un poète dont le nom e […]
