Fils d'un ciseleur parisien, Thomire bénéficia d'une formation très complète. Il travailla la sculpture à l'Académie de Saint-Luc, à Rome, avec Pajou et Houdon. Ce dernier aurait voulu en faire un fondeur, mais Thomire se spécialise dans la ciselure et entre dans l'atelier de Gouthière. Il acquiert très vite auprès de celui-ci une parfaite connaissance des secrets du métier, particulièrement de la dorure au mat qui faisait la gloire de son maître. Dès 1776, il s'installe à son compte et devient, après la faillite de Gouthière, le ciseleur le plus réputé. Très attiré par le néo-classicisme, il se spécialise dans les sujets tirés du répertoire antique et collabore avec des ébénistes comme Guillaume Benemann. Il donne toute sa mesure en exécutant les moulures de bronze de grands vases de Sèvres (il avait succédé à Duplessis comme bronzier de la manufacture). Certaines de ses œuvres exécutées avant la Révolution (par exemple le candélabre de l'Indépendance, musée du Louvre, le grand vase de Sèvres, Louvre, le serre-bijoux de Marie-Antoinette, Versailles) auraient suffi à assurer sa réputation, mais il est encore plus célèbre pour son importante production de la période Empire. Son goût pour les motifs guerriers et les sujets antiques facilita son adaptation au style nouveau, et son atelier, établi sur le pied d'une véritable entreprise, put produire en grand nombre des pendules, des surtouts de table, des candélabres. De nombreux exemples en sont encore conservés à Compiègne ou à Fontainebleau. Sa fabrique, reprise par ses gendres, après sa retraite en 1823, devait maintenir le nom de Thomire jusqu'à la période Louis-Philippe.
Photographie
Maquette de temple, P. P. Thomire et F. Sibilio Pierre Philippe Thomire et Francesco Sibilio, maquette de temple en malachite et bronze doré, 1827-1834. Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg, Russie.
Crédits: The Bridgeman Art Library Consulter
Colombe SAMOYAULT-VERLET
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