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MERTENS PIERRE (1939- )

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2.  Des mythologies autobiographiques

Pierre Mertens affectionne les personnages doubles, contradictoires et parfois monstrueux (on lui doit le livret de l'opéra Passion de Gilles en 1983, dont le héros est Gilles de Rais), ceux qui, par-delà la défaite, restent fidèles à leurs erreurs. C'est encore le cas avec Une paix royale (1995, prix Jean Monnet), roman controversé qui déclencha une vive polémique en Belgique, car Mertens semblait s'en prendre à l'honneur de la famille royale. Les figures centrales de ce roman traversé par des souvenirs autobiographiques, sont aussi bien des gloires du cyclisme belge (Rik Van Looy, Eddy Merckx) que le roi Léopold III qui capitula devant Hitler en 1940 et abdiqua en 1950. En dépit de l'image compréhensive donnée du roi, et qui le réhabilite, la princesse Lilian (sa seconde épouse) a obtenu de la justice française qu'elle censure une cinquantaine de lignes de l'ouvrage qui donnaient de la royauté belge une piètre image. Dans L'Agent double (1989), Mertens a observé les rapports ambigus que les écrivains (Duras, Sciascia, Kundera, Gracq, Camus, Rushdie) entretiennent avec leur époque. Mais surtout dans l'impossible proximité de soi à soi, le roman, « la moins approximative des sciences inexactes », atteint la vérité des êtres à partir de l'intuition et de la libre reconstruction d'un vécu. Tout l'intérêt de cette forme singulière de roman historique se tient là. Trop légendaire, diraient ses détracteurs, pour être un document fiable, l'œuvre est trop ancrée dans le réel historique pour que le lecteur n'y soit pas sans cesse renvoyé. La marque du projet littéraire de Mertens réside dans cette métaphore de la réalité, qui d'un même mouvement accède à une mythologie autobiographique. Mieux peut-être que l'écrit sur soi (Les Bons offices, 1974 ; Perdre, 1984) ou l'étude critique, le mentir-vrai – comme en témoigne à nouveau Perasma (2001) – dit l'énigme baroque de la conscience, ses silences et son inachèvement, ses sincérités éclatées et ses dérives, tandis que dans l'ombre s'élargit la fêlure qui ruinera notre paysage intérieur.

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« MERTENS PIERRE (1939- ) » est également traité dans :

BELGIQUE - Lettres françaises

Écrit par :  Marc QUAGHEBEURRobert VIVIER

Dans le chapitre "L'histoire en lambeaux"  : …  Dannemark. Cette présence se manifeste particulièrement dans Les Éblouissements (1987) de *Pierre Mertens, roman qui, à travers un des grands poètes de ce siècle, Gottfried Benn, scrute les errements auxquels a pu mener le nazisme. Mertens, qui incarne parfaitement le rapport d'amour-haine éprouvé par les élites belges à l'égard de leur… Lire la suite

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