Peintre, sculpteur, imprimeur, romancier, poète, Pierre Albert-Birot est un esprit original et l'un des grands poètes du xxe siècle. Son père était un homme d'affaires qui réussissait mal et qui quitta bientôt le domicile conjugal. Pierre Albert-Birot passa son enfance à Angoulême, où il était né, dans une semi-pauvreté, tandis que sa mère avait ouvert une pension de famille pour parvenir à faire vivre la famille. À bout de ressources, elle décida enfin de s'établir à Paris où elle s'improvisa couturière. Albert-Birot entre à l'École des beaux-arts et apprend la sculpture dans divers ateliers. Une de ses sculptures, La Veuve, est achetée par l'État et trône encore aujourd'hui au cimetière d'Issy-les-Moulineaux. Pour vivre, il sculpte aussi des façades de maisons. À la même époque, il peint, et il commence à composer des poèmes. Plus tard, quand on lui demandera s'il est bon pour un artiste de se disperser ainsi, il citera l'exemple de Léonard de Vinci !
La guerre éclate : Albert-Birot est réformé. En 1916, il crée la revue d'avant-garde Sic, dont il rédige entièrement les deux premiers numéros. C'est à ce moment qu'il fait la connaissance de Guillaume Apollinaire, qui se présente à lui le front ceint d'un bandeau. Dès le numéro quatre, Sic, qui publiera par la suite Drieu La Rochelle, Soupault, Tzara et Raymond Radiguet, obtient la collaboration d'Apollinaire. La revue organise des manifestations artistiques : lectures de poèmes entre autres. C'est dans le cadre d'une de ces manifestations qu'est montée Les Mamelles de Tirésias, la fameuse pièce d'Apollinaire qui provoque un scandale. Apollinaire avait proposé d'intituler sa pièce « drame surnaturaliste ». Albert-Birot suggère le terme « surréaliste ». Breton et son groupe, auquel n'appartiendra pourtant pas Albert-Birot, reprennent le terme à leur compte. En décembre 1919, après quatre années d'existence, Sic cesse de paraître, car, comme l'explique son fondateur : « Les revues d'avant-garde doivent mourir jeunes. »
Bien qu'il continue de peindre par intermittence après la gue […]
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