4. Du cycle arétin aux dernières activités
Durant l'exécution de La Légende de la vraie croix, Piero peignit à fresque, dans la cathédrale d'Arezzo, une Sainte Marie-Madeleine ; dans la chapelle du cimetière de Monterchi, près de Borgo, il peignit La Sainte Vierge et, dans le palais des Conservateurs de Borgo San Sepolcro, ce grand chef-d'œuvre qu'est La Résurrection du Christ. Il poursuivit en outre le Polyptyque de saint Augustin (dispersé dans plusieurs collections et malheureusement parvenu incomplet jusqu'à nous) et le Polyptyque de saint Antoine (Galleria nazionale, Pérouse) : ces deux dernières œuvres ne furent pas terminées avant 1470 et furent effectuées avec la collaboration de plusieurs élèves parmi lesquels Luca Signorelli. Pendant ce temps, ses relations avec Urbin se multipliaient. C'est grâce aux conseils de Piero tout autant qu'à ceux d'Alberti que Federico da Montefeltro se décida à confier à Luciano Laurana le projet de rénovation de son palais (1465), le nommant maître absolu des travaux entrepris (1468). Une autre preuve des rapports entre Piero et Federico est fournie par le fait qu'en 1465-1466 il existait déjà à Urbin un portrait du duc exécuté par Piero. Si, ainsi qu'on l'a affirmé à de nombreuses reprises, ce portrait est celui du fameux diptyque du musée des Offices, il faut admettre l'idée qu'il ne fit partie du diptyque que beaucoup plus tard, c'est-à-dire après la mort de Battista Sforza en 1472 ; c'est alors, en effet, que Piero peignit l'effigie de la dame et qu'il la plaça à côté de celle de son mari. Il représenta, au dos de ces deux portraits, les deux très célèbres Triomphes. Une autre œuvre de Piero est liée à la mort de la duchesse d'Urbin : il s'agit du Retable de Brera (Pinacoteca di Brera, Milan) qu'il réalisa entre 1472 et 1473 ; il n'est pas impossible que Bramante y ait collaboré. Cette œuvre témoigne d'un intérêt intense pour l'interprétation perspective et picturale de l'intérieur d'une architecture totalement centrée sur elle-même, intérêt non moins intense que celui que l'on retrouve dans La Vierge de Senigallia (Galleria nazionale, Urbin) : dans cett […]
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