3. Le maître de l'opéra vénitien
On attribue actuellement à Cavalli quarante-deux drammi per musica : neuf sont d'attribution douteuse, et vingt-six partitions seulement nous sont parvenues. Ces opéras furent représentés pendant près de quarante années tant à Venise que sur les plus importantes scènes italiennes et européennes : Rome, Florence, Bologne, Naples, Lucques, Vicence, Ferrare, Gênes, Milan, Vienne, Innsbruck et Paris. Plusieurs d'entre eux obtinrent un immense succès, dans les théâtres payants comme auprès de cours aristocratiques : La Didone (1641), L'Egisto (1643), L'Ormindo (1644), Il Giasone (1649), La Calisto (1652), Il Serse (1655), L'Erismena (1656), Scipione affricano (1664), Muzio Scaevola (1665), Pompeo magno (1666).
Malgré cette reconnaissance européenne, Cavalli ne quittera qu'une seule fois Venise : il se rendra à Paris de 1660 à 1662, à l'invitation de Mazarin, pour produire un opéra, Ercole Amante (« Hercule amoureux »), lors des festivités du mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche. Cet ouvrage en un prologue et cinq actes sur un livret de Francesco Buti d'après Les Métamorphoses d'Ovide sera joué le mardi 7 février 1662, aux Tuileries, dans le théâtre des Machines construit pour l'occasion par l'architecte Gaspare Vigarani. Ce fut le seul échec de Cavalli, causé par une violente cabale menée par le parti anti-italien de la cour, mais aussi par Jean-Baptiste Lully, à qui avait été confiée la composition des ballets.
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