Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

PHRYGIE

Page précédente Page suivante

3.  La religion

Le culte le plus célèbre était celui de Kubila, Cybèle, la Grande Mère, personnification de la nature féconde, la « maîtresse des fauves » qui peuplent la forêt. Sa divinité parèdre, le berger Attis, était au centre d'une « passion » inspirée par le cycle végétatif : Attis, émasculé, mourait. Cybèle parcourait le pays en se lamentant sur la mort de son amant, qui s'éveillait de son long sommeil avec le renouveau printanier. Si le pin était l'arbre d'Attis, Cybèle était adorée originellement sous la forme d'un bétyle, conservé à Pessinonte ; elle siégeait sur les montagnes, comme l'Ida ou le Sipyle, où des trônes lui étaient taillés (d'où son nom Agdistis, « celle du rocher »). Ses sanctuaires rupestres, aux façades richement travaillées (vie siècle av. J.-C.), ont souvent été pris pour des tombeaux : la déesse y apparaît entourée de musiciens, de fauves.

Ce culte « naturiste » revêtait une violence qui s'accordait aux caractères extrêmes du climat anatolien. Les prêtres de Cybèle, les galles, célébraient à chaque printemps le retour de leur dieu par des danses frénétiques, au cours desquelles ils se mutilaient à l'exemple d'Attis. L'outrance de ces manifestations ne doit pas dissimuler l'ardente aspiration à s'affranchir des instincts charnels, afin de délivrer les âmes du lien de la matière. Cela explique l'attirance exercée par les mystères de Cybèle dans le monde gréco-romain, à qui sa religion n'apportait rien de tel. Grâce à l'amitié du roi Attale Ier de Pergame, Rome accueillit, dès 204 avant J.-C., la pierre noire de Pessinonte ; elle fut plus lente à admettre les aspects troubles du culte d'Attis, qui ne fut officiellement adopté que sous l'Empire, et se propagea alors jusque dans l'Occident. On vit aussi se répandre hors de Phrygie le culte de Men, vieille divinité lunaire. Les Grecs vénéraient depuis longtemps le dieu phrygien du vin, Sabazios. Comme ces deux divinités, Mazeus (Zeus) appartenait au substrat indo-européen de la religion phrygienne.

L'extatisme violent qui caractérise cette religion ne disparut pas avec l'introduction du christianisme au iie siècle ; il n'est pas indifférent que l'hérésie montaniste ait justement pris naissance sur cette terre.

 […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« PHRYGIE » est également traité dans :

BYZANCE - Les arts

Écrit par :  Catherine JOLIVET-LÉVYJean-Pierre SODINI

Dans le chapitre "Époque byzantine (IXe-XVe s.)"  : …  on a recours à l'incrustation pour certaines icônes (sainte Eudoxie) d'emplacement mal connu. La *Phrygie a livré un matériel considérable dont l'iconostase exceptionnelle de Selçikler (Sebaste) décorée de personnages en buste, incisés et niellés, inscrits dans des médaillons. Les motifs géométriques de ces sculptures (arcades, palmettes,… Lire la suite
GRANDE MÈRE DES DIEUX

Écrit par :  Richard GOULET

… *Divinité orientale et gréco-romaine connue habituellement sous le nom de Cybèle dans la littérature de la Grèce et de Rome depuis le ve siècle environ, la Grande Mère des dieux avait également plusieurs autres appellations, certaines de celles-ci provenant de lieux célèbres où l'on rendait un culte à cette divinité (ainsi… Lire la suite
LYDIE

Écrit par :  André LARONDE

Dans le chapitre "Naissance de la puissance lydienne"  : …  lydien, tandis que la masse de la population restait anatolienne. Plus ou moins indépendante de la *Phrygie, la Méonie était devenue un royaume lorsque, vers 685, le dernier des Héraclides, Candaule, succomba sous les coups de Gygès qui appartenait à la famille des Mermnades (les « Faucons »). Le premier document à mentionner Gygès et les Lydiens… Lire la suite
MITHRIDATE VI EUPATOR (~132-~63) roi du Pont

Écrit par :  Paul GOUKOWSKY

Dans le chapitre "Les débuts de Mithridate"  : …  *Son père, Mithridate V Évergète, roi du Pont, avait aidé Rome à constituer la province d'Asie. Il avait reçu pour salaire une partie de la Grande-Phrygie. Mais, en 120 avant J.-C., il fut assassiné. La régence fut exercée par son épouse Laodice au nom de ses fils mineurs, Mithridate et Chrestos. La connaissance que l'on a sur les débuts du règne… Lire la suite
MYRIOKEPHALON BATAILLE DE (17 sept. 1176)

Écrit par :  Universalis

  *Victoire des Turcs Seldjoukides de Kilidj-Arslan II sur l'armée byzantine de Manuel Ier Comnène dans un défilé situé aux environs de la forteresse de Myriokephalon, en Phrygie (au sud-est de l'actuelle Ankara, en Turquie). L'empereur Manuel Comnène avait décidé de restaurer son pouvoir sur les territoires d'… Lire la suite

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média