Terme qui désigne à l'origine des groupes de parenté (phrater : frère) rassemblant plusieurs familles (au sens large) dans le culte d'un ancêtre commun. Dans Homère, la phratrie apparaît comme une subdivision de la tribu (phylè) et les héros combattent groupés par tribu et par phratrie. En fait, on est assez mal renseigné sur l'évolution de cette institution dont on ne peut suivre le fonctionnement qu'à une époque relativement tardive. À Athènes, avant Clisthène, le fait d'être membre d'une phratrie était le seul critère d'appartenance à la communauté civique et, dès le début du ~ vie siècle sans doute, une loi avait admis la présence au sein des phratries, aux côtés des gennètes, d'orgéones qui de ce fait se trouvaient intégrés à la communauté. Après Clisthène, les phratries subsistèrent, bien que désormais le dème fut devenu le cadre de l'organisation du corps civique. La présentation et l'admission à la phratrie précédaient d'ailleurs, pour le jeune Athénien, fils de citoyen, l'inscription sur les registres du dème ; cette admission avait un caractère à la fois religieux et initiatique et avait lieu lors de la fête des Apatouria pendant le mois de pyanepsion (octobre). Les phratries avaient à leur tête un phratriarque, élu annuellement, et pouvaient passer des décrets et posséder des biens. L'essentiel de leur activité était cependant de caractère religieux : la phratrie rendait un culte à ses dieux tutélaires et à Zeus Phratrios et Athéna Phratria. On trouve des phratries dans nombre de cités grecques, à Argos, à Sparte, à Chios, à Delphes... Mais on ne sait pas grand-chose à leur propos. À l'époque hellénistique, les phratries disparaissent à peu près partout, ou se confondent avec les confréries religieuses qui pullulent alors.
Claude MOSSÉ
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