Selon H. Riemann, le phrasé est la « délimitation des phrases, c'est-à-dire des éléments plus ou moins complets de la forme expressive d'une pensée musicale, soit dans l'exécution au moyen de l'expression, soit dans la notation au moyen de signes spéciaux, soit, mieux encore, dans l'audition ou la lecture d'une œuvre musicale, en tant qu'interprétation correcte » (Dictionnaire de musique). L'exécution correcte doit rendre sensible la structure de la phrase (motif-mesure, groupes de mesures, demi-périodes, périodes), et cela grâce à des fluctuations dynamiques (comme l'indique le rubato), des articulations, des modes d'attaque, des changements de tempo, etc. L'essai de théorisation de Riemann n'a pas convaincu tout le monde. J. J. de Momigny (1762-1838) avait essayé de théoriser ce qui, jusqu'alors, s'appelait le « bon goût » (Les Fondements du phrasé, 1806). En fait, aucune notation ne peut préciser l'art du phrasé. C'est à la manière de ponctuer le discours musical, d'en rendre sensibles les oppositions, les enchaînements, d'en marquer les silences et les accents, manière qui caractérise finalement le style personnel de l'interprète, que l'on reconnaît le tale […]
