Un des esprits les plus complets qu'ait connus le Moyen Âge ; un acteur privilégié de la métamorphose de Byzance, à l'aube de la dynastie macédonienne.
Photius était de souche patricienne ; ses parents et ses grands-parents s'étaient distingués dans l'administration. Son oncle Taraise avait été prôtoasecretis (« chef de la chancellerie »), puis patriarche. Au mépris de la loi, sa famille avait toujours vénéré les icônes, et ses parents étaient, pour défendre cette cause, morts en exil.
Après avoir déjà fait un premier tour du savoir de son temps, Photius, qui n'a guère plus de vingt ans, est admis dans les bureaux de la chancellerie. Vers 843, il devient prôtoasecretis. Un peu plus tôt ou un peu plus tard — 837 ou 855 —, il fait partie d'une ambassade chez les Arabes. À la même époque, il anime et domine un cénacle où l'on se presse à ses cours de logique, de dialectique, de mathématiques et de théologie. Mais ses goûts le portent vers la critique philologique et littéraire. C'est alors qu'il compose la Bibliothèque, qui suffirait à sa gloire : 280 ouvrages de la littérature grecque, dont plusieurs, sans lui, n'auraient pas laissé de traces […]
