2. Composés du phosphore
Élément du groupe 15 appartenant à la seconde longue rangée du tableau périodique (3e période), le phosphore a une configuration électronique semblable à celle de l'azote. Des analogies dans la chimie de ces deux éléments sont dès lors prévisibles. La couche de valence possédant cinq électrons, on peut s'attendre à l'existence de composés dont les états d'oxydation pour l'élément considéré varieront de — III à + V.
La figure 1 présente le diagramme d'oxydoréduction du phosphore pour quelques composés hydrogénés ou oxygénés en solution à pH = 0. Les potentiels normaux d'oxydoréduction sont donnés par les pentes des segments correspondant aux couples envisagés. Sur ce diagramme, la molécule de phosphore paraît être instable vis-à-vis des états + I et — III.
On peut s'attendre à une dismutation facile suivant la réaction :

L'acide hypophosphoreux H3PO2 est lui-même instable. Ce diagramme indique également que même des oxydants faibles conduisent à l'oxydation des composés du phosphore jusqu'à l'état d'oxydation + V, c'est-à-dire l'acide phosphorique.
Dans tous ces composés, étant donné l'énergie d'ionisation élevée et la grande valeur de l'électronégativité, les liaisons seront à caractère presque exclusivement covalent.
Cependant, il existe des différences notables entre les deux éléments azote et phosphore. Ainsi, la tendance de ce dernier à former avec l'oxygène, l'azote ou le carbone des composés non saturés et stables, ayant des liaisons de type pπ-pπ analogues aux dérivés nitrés, nitrosés et aux imines est sensiblement réduite.
Cette différence se manifeste déjà dans l'état moléculaire : molécule linéaire d'azote N ≡ N triplement liée, molécule tétraédrique de phosphore P4, constituée d'un atome de P lié à trois autres par trois liaisons simples.
Le phosphore se distingue encore de l'azote par la possibilité d'utiliser ses orbitales 3d, ce qui conduit à la mise en jeu de liaisons de type pπ-dπ et, par […]
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