6. La conscience phonologique
Cette description des phonèmes et du système phonologique d'une langue donnée a été appréhendée du point de vue de la compétence du locuteur, par des psycholinguistes et des phonéticiens, afin de mieux comprendre les processus d'apprentissage de la lecture.
La conscience phonologique se compose d'une capacité d'identification et d'une capacité de discrimination des éléments phonologiques. Elle est évaluée au moyen d'exercices portant sur des mots ou des logatomes (mots qui présentent une structure phonologique conforme à une langue donnée, mais dépourvus de significations dans cette même langue). Il s'agit par exemple d'être capable, à l'oral, de reconnaître l'intrus dans une suite de mots, ne commençant pas par le même phonème, comme dans « ballon, bateau, marteau », ou ne présentant pas le même phonème intervocalique comme dans « bateau, landau, manteau », ou encore le même phonème en position finale, comme dans « ballon, chapeau, marteau » (l'intrus est ici en italique).
Cette approche particulière de la phonologie débute avec les travaux de L. Bradley et P. E. Bryant en 1978. Ces auteurs comparent des enfants dyslexiques âgés de dix ans à des témoins âgés de sept ans, à partir de tâches portant sur la capacité de jugement du matériel phonologique, à savoir la détection d'intrus. Les résultats prouvent que les enfants dyslexiques rencontrent de nombreuses difficultés dans ce type de tâche par rapport aux enfants normo-lecteurs.
Les travaux de Morais & al. (1979) auprès d'adultes illettrés montrent clairement une corrélation entre les capacités de lecture et les capacités en conscience phonologique. Dès lors, les travaux s'orientent dans deux directions : une meilleure connaissance de la conscience phonologique ; des études sur les liens de causalité existant entre la compétence phonologique et l'apprentissage de la lecture.
Les travaux de I. Liberman (1982), J. Morais (1987), et J. E. Gombert (1992), quant à eux, permettent de distinguer une […]
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