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PHONÈME

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2.  Vers une phonologie générative

Depuis ses débuts, la phonologie a connu diverses évolutions. Au sein du courant structuraliste, elle a pour l'essentiel été utilisée dans des travaux synchroniques – à l'exception d'un ouvrage important de phonologie diachronique, l'Économie des changements phonétiques (1955), d'André Martinet, où l'auteur met en évidence l'interaction de tendances contradictoires dans l'histoire des systèmes phonologiques. Par ailleurs, indépendamment des liens entre l'étude des sons et les problèmes physiologiques d'articulation, une branche de la phonologie appelée phonologie acoustique s'est développée à partir des travaux de Jakobson sur les formants (fréquences particulières permettant de caractériser les phonèmes sur la base d'oppositions de type aigu /grave, diffus /compact...). Cette approche a été reprise par Chomsky dans sa théorie de phonologie générative.

Si elle est née et s'est d'abord développée dans le cadre du structuralisme, la phonologie a ensuite connu un renouvellement théorique au sein de la grammaire générative : en 1968 paraît l'ouvrage de Noam Chomsky et Morris Halle intitulé La Phonologie générative. Celle-ci se démarque de la phonologie structuraliste sur plusieurs points. D'une part, pour permettre de rendre compte de la forme phonétique de la phrase, la composante phonologique du modèle se doit d'intégrer un certain nombre de considérations d'ordre morphologique (il s'agit donc d'une composante morpho-phonologique), le tout étant sous la dépendance de la syntaxe. D'autre part et surtout, les générativistes en sont arrivés à l'idée que le phonème ne représente pas un stade utile dans le processus de passage d'une forme syntaxique abstraite à la réalisation phonétique complète : ils passent directement des morphèmes aux traits, éliminant ainsi le niveau intermédiaire du phonème. Ils empruntent leur « matériel phonique » aux traits phonologiques distinctifs de Jakobson (dans leur formulation acoustique), et les complètent par des traits phonétiques propres à chaque langue (caractéristiques de prononciation, accent, intonation...). Cette approche a le mérite de chercher à rendre compte de tous les faits phoniques d'une façon unifiée, critiquant ainsi indirectement les limites de la phonologie classique. Pour une présentation des développements de la phonologie générative qui ont renouvelé le modèle initial de 1968, on se reportera à l'ouvrage dirigé par Bernard Laks et Annie Rialland, Architecture des représentations phonologiques (1993).

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