2. L'angoisse
Jusqu'à la fin de son œuvre, Freud ne s'est pas estimé satisfait de sa théorie de l'angoisse. Selon un premier schéma, celle-ci surgit lorsque, de par un processus de refoulement qui a détaché la libido de ses « objets d'investissement », une quantité d'énergie libidinale, désormais libre, et non plus fixée, ne trouve pas à se réinvestir. Dans l'hystérie de conversion, la libido réinvestit des fonctions ou segments corporels. C'est en s'appuyant sur une telle hypothèse que Freud, dans son étude sur le petit Hans, peut proposer l'expression d'hystérie d'angoisse comme désignant la structure névrotique d'élection pour le surgissement et l'organisation des phobies. Cette organisation est secondaire par rapport à la survenue de l'angoisse, et le choix d'un objet phobogène est une mesure défensive qui limite le danger, en raison des mesures d'évitement qu'elle permet. Le recours au cheval comme objet phobogène permet à l'enfant de savoir de quoi il a peur et de donner une figuration significative à son angoisse. En bref, cette opération implique un déplacement et une projection. Si, selon le schéma œdipien, c'est le père castrateur que craint Hans, partagé entre l'amour, l'hostilité et la jalousie, le cheval devient inconsciemment le substitut chargé de représenter et ce père et les pulsions agressives du jeune garçon. Il aide ainsi au renforcement du refoulement en proposant également un compromis : la relation tendre au père réel est, de ce fait, maintenue et facilitée.
Ultérieurement ce mode d'explication ne satisfera plus Freud. Dans une œuvre tardive (Inhibition, symptôme et angoisse, 1926), on trouve un renversement partiel de la théorie initiale : l'angoisse n'est plus le fait du refoulement de la libido ; elle précède celui-ci ; elle est en fait un signal d'alarme du moi en danger. À la prévalence accordée d'abord au point de vue quantitatif (énergie libidinale non fixée) succède donc une conception qui remet au premier plan le rôle inducteur du sens et de la s […]
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