1. Politique intérieure
Le 30 juin 1992, le général Fidel Ramos devient président après avoir remporté les élections du 11 mai avec 23,6 p. 100 des voix, face à six autres candidats. Il succède à Corazón Aquino, dont il était le dauphin. Il était son ministre de la Défense et l'ancien chef de la police du régime dictatorial de Ferdinand Marcos.
Le 4 avril 1995, l'attaque d'Ipil, une ville de 50 000 habitants à majorité chrétienne du sud du pays, fait une cinquantaine de morts. Les autorités mettent en cause un mouvement d'extrémistes musulmans, le groupe Abu Sayyaf, composé de dissidents du Front de libération nationale moro (F.L.N.M.) qui sont hostiles aux négociations en cours entre Manille et le F.L.N.M. Celles-ci s'orientent vers la définition d'un statut de semi-autonomie pour les îles à majorité musulmane du sud du pays.
Le 8 mai, les partisans du président Ramos remportent les élections législatives. Ils conservent la majorité dans les deux Chambres du Parlement.
Le 2 septembre 1996, le président Ramos et le chef du Front de libération nationale moro (F.L.N.M.), Nur Misuari, signent, à Manille, un traité de paix destiné à mettre fin à la guérilla indépendantiste engagée dans l'île de Mindanao, dans le sud de l'archipel, au début des années 1970, et qui a causé officiellement la mort de quelque 120 000 personnes. Le texte prévoit l'institution, sous l'autorité du F.L.N.M., d'un Conseil pour la paix et le développement du sud des Philippines chargé de coordonner les projets de développement dans les quatorze provinces méridionales de l'archipel. Ce Conseil doit également préparer un référendum, prévu pour 1998, sur l'autonomie de la région. Les extrémistes musulmans et les chrétiens, majoritaires dans le sud de l'archipel, dénoncent cet accord.
Le 11 mai 1998, Joseph Estrada remporte l'élection présidentielle avec 39,8 p. 100 des suffrages. Très populaire, cet ancien acteur a aussi un passé d'homme politique – il a notamment été vice-président au côté de Fidel Ramos en 1992. Joseph Estrada a fait campagne contre la pauvreté et la criminalité. José de Venecia, président de la Chambre des […]
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