Né en 1940, tout comme Jean-Luc Nancy, et, comme ce dernier, professeur à l'université Marc-Bloch de Strasbourg, Philippe Lacoue-Labarthe s'inscrit dans la mouvance de Jacques Derrida (à propos duquel il organisa en 1980, avec Jean-Luc Nancy, un colloque à Cerisy-la-Salle publié sous le titre Les Fins de l'homme). Aux limites de la philosophie, le questionnement serré de l'auteur conjugue et articule poétique et politique – et ce depuis ses premières recherches sur le romantisme allemand (L'Absolu littéraire, en collaboration avec Jean-Luc Nancy, 1978). Les figures tutélaires de Hölderlin et de Nietzsche (qu'il a traduits), de Martin Heidegger, de Walter Benjamin et de Jacques Derrida délimitent l'espace où va s'instaurer une œuvre, exigeante, toujours inquiète des limites imperceptibles de la modernité.
S'il est bien vrai que l'on doit la naissance moderne de la notion de littérature au premier romantisme d'Iéna (de 1798 à 1800 autour de la revue Athenäum), c'est à Hölderlin, avant tout, que Philippe Lacoue-Labarthe se réfère pour penser ce qui va se jouer par la suite. La tension entre littérature, philosophie et religion est inséparable de vis […]
