2. La défense du catholicisme
• La lutte contre l'islam
Les Turcs avaient la maîtrise de la mer en Méditerranée. En 1560, une expédition contre l'île de Djerba tourna au désastre. Patiemment, le roi constitua de puissantes forces navales et put ainsi reprendre le Peñón de Vélez, sur la côte du Rif, puis envoyer l'escadre de don García de Toledo porter secours à Malte assiégée par les Turcs (1565). Ces brillants résultats furent compromis par la révolte des morisques de Grenade, convertis officiellement au christianisme, mais fidèles en secret à l'islam. En prétendant leur imposer les coutumes espagnoles, on provoqua un soulèvement (Noël 1568). Pendant deux ans, les insurgés tinrent tête aux forces royales, dont bientôt don Juan d'Autriche prit le commandement. En expulsant la population morisque et en la dispersant dans le royaume de Castille, on priva les combattants de leur soutien et la révolte prit fin.
Cependant le vice-roi d'Alger, Euldj Ali (Ali le Renégat), en avait profité pour chasser de Tunis un émir favorable aux Espagnols (1569) et la Turquie avait lancé un ultimatum à Venise, réclamant la cession de Chypre.
Fidèle à l'esprit de croisade, le pape Pie V s'efforça d'unir les chrétiens contre le danger turc. De laborieuses négociations aboutirent en mai 1571 à la constitution de la Sainte Ligue qui associait les forces navales de l'Espagne, de Venise et du Saint-Siège sous le commandement de don Juan d'Autriche. Celui-ci concentra les escadres à Messine et, se portant à la rencontre de l'ennemi, détruisit la flotte turque à Lépante (7 oct. 1571). Cette victoire eut un immense retentissement dans la Chrétienté, mais la coalition fut affaiblie par la mort de Pie V et les dissensions entre Espagnols et Vénitiens. Les Turcs ayant reconstitué leur flotte, la campagne de 1572 sur les côtes de Morée se solda par un échec. Les Vénitiens, qui n'avaient pu empêcher la conquête de Chypre, signèrent en mars 1573 une paix séparée, à des conditions assez humiliantes, pour rétablir leur commerce dans le Levant. L'Espagne continua les hostilités. Don Juan s'empara de Tunis, repris l'année suivante par Euldj Ali, qui prit même La Goulette (sept. 1574). Après cette date, les grandes opérations navales cessèrent. Une trêve conclue en 1578 fut renouvelée à plusieurs reprises. Mais les corsaires barbaresques, solidement installés à Alger, maintinrent l'insécurité sur mer, tout en étant contrecarrés par la course chrétienne.
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