Prince ambitieux et valeureux, le landgrave de Hesse a été pendant vingt ans le chef incontesté des protestants, au point de constituer un danger pour Charles Quint. Pourtant Philippe Ier a eu une jeunesse difficile : ayant perdu son père à l'âge de cinq ans, il est proclamé majeur en 1518. Aussitôt humilié par le rusé chevalier de Sickingen, il prend l'habitude de gouverner seul, sans consulter les états et en limitant le rôle de ses conseillers. Il se consacre surtout à la politique extérieure. Il s'allie par son mariage à la puissante maison de Saxe et adhère à la ligue souabe.
Sur le plan social il devient le défenseur du statu quo en matant en 1523 la révolte nobiliaire de son adversaire Sickingen, puis en 1525 il est le premier prince à écraser les paysans insurgés en Hesse et en Thuringe. Par contre, le landgrave est attiré très tôt par la Réforme. Dès 1521, il prend contact avec Luther à Worms ; très impressionné par un entretien avec Melanchthon, il adhère à la Réforme en 1524. À la diète de Spire, en 1526, l'électeur Jean de Saxe et lui apparaissent comme les chefs des princes qui s'opposent à la ligue des princes catholiques constituée en 152 […]
