Né à Toulouse le 28 juin 1944, Philippe Druillet débute dans la bande dessinée à vingt-deux ans avec un album de science-fiction, Lone Sloane, le mystère des abîmes (1966). Cette série (poursuivie dans Pilote en 1970) a marqué le genre par son graphisme baroque, par ses architectures grandioses et par une mise en page éclatée, qui rompait avec le traditionnel ordonnancement régulier des cases. En 1975, après la mort de sa femme, Philippe Druillet entreprend La Nuit, histoire désespérée et exorcisme graphique. La même année il participe à la fondation de la maison d'édition Les Humanoïdes associés et de son magazine de bandes dessinées Métal hurlant, où il commence son œuvre la plus ambitieuse : une étonnante transposition, dans une atmosphère d'épopée fantastique et de science-fiction, du roman de Gustave Flaubert Salammbô (1980-1986).
Depuis lors, Philippe Druillet a quelque peu délaissé la bande dessinée pour d'autres moyens d'expression. Ses peintures, ses sculptures, ses pâtes de verre, ses bijoux ont été exposés dans de nombreuses galeries de par le monde. Il a collaboré au Wagner Space Opera de Rolf Liebermann à l'Opéra de Paris, a conçu des fresques murales (notamment à Paris à la station de métro Porte-de-la-Villette), a réalisé avec Jacques Attali le livre L'Enfant-Rêve (1994), a mêlé la peinture à la photographie dans Paris de fous (1995), hommage à Robert Doisneau. Son activité dominante est aujourd'hui le film d'animation. Il a fondé sa propre société de production, et travaille aussi bien à des dessins animés fabriqués de façon traditionnelle (comme le long-métrage Lone Sloane) que sur ordinateur par images de synthèse (série Excalibur). En 2005, il a conçu les décors de la série télévisée de Josée Dayan Les Rois maudits, d'après les romans de Maurice Druon. À l'aise dans tous les modes d'expression plastique, curieux des technologies les plus récentes, Philippe Druillet est typiquement un artiste multimédia.
Dominique PETITFAUX
Retour en haut



