La notoriété de Guillaume Philandrier n'eût sans doute dépassé les cercles humanistes (il fut l'ami de Rabelais) s'il n'avait publié en 1544, à Rome, des annotations sur le De architectura de Vitruve, In decem libros M. Vitruvii Pollionis de architectura annotationes. L'ouvrage n'est pas seulement un commentaire vitruvien illustré — le second après celui de Cesare Cesariano (Côme, 1521) ; il contient également des corrections pour le texte latin de Vitruve ainsi qu'une Digression où est exposé le système des cinq ordres d'architecture. Les Annotationes reflètent le parcours exceptionnel de leur auteur, humaniste et théoricien qui passa près de dix ans en Italie et fréquenta toutes les personnalités du monde artistique, littéraire et humaniste.
La biographie que Philibert de La Mare consacre à Philandrier, De vita, moribus et scriptis Guillelmi Castilionis civis romani epistola (Dijon, 1667), est fort utile mais peu précise sur les séjours de Philandrier à Venise puis à Rome, si importants pour la genèse des Annotationes. Issu d'une ancienne famille bourguignonne, Philandrier reçoit une éducation humaniste et acquiert as […]
