1. Le pays et son histoire
• La côte phénicienne
Il n'y a pas de Phénicie à proprement parler, mais une côte phénicienne, qui commence au sud du mont Carmel et se poursuit vers le nord jusqu'au-delà d'Ougarit, près du golfe d'Issos. C'est une bande côtière, aux plaines rares et étroites (plaine de Simyra, arrière-pays de Sidon et de Tyr), serrées entre la mer à l'ouest et les chaînes du Liban et des monts Nozaïriens à l'est. Les fleuves sont torrentiels et irréguliers, et leurs vallées, qui débouchent près des villes (Simyra, Byblos, Bérytos, Sidon et Tyr), sont isolées les unes des autres par des éperons descendant vers la mer, ce qui favorise le particularisme et interdit l'unité politique. Le climat est très chaud et sec dès le mois d'avril, l'été torride, l'hiver soumis à des pluies dévastatrices qu'autrefois sans doute les belles forêts de cèdres rendaient moins dangereuses. Le sol calcaire est souvent médiocre, le sous-sol pauvre. Mais la côte, avec ses promontoires et ses îlots proches des rivages, a fait la fortune des ports bien abrités et heureusement situés par rapport aux pays riches et civilisés qu'étaient alors l'Asie Mineure, la Grèce égéenne, la Crète et l'Égypte.
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