Phébus P.F. (P.F. pour produits de fission) est un programme de recherche en sûreté nucléaire. Il est mené à Cadarache (Bouches-du-Rhône) par l'Institut de protection et de sûreté nucléaire (I.P.S.N.), dans le cadre d'une vaste collaboration internationale réunissant la plupart des pays utilisant l'énergie nucléaire pour produire de l'électricité. L'accident qui s'est produit en 1979 dans le réacteur no 2 de la centrale américaine de Three Mile Island (Pennsylvanie) puis l'explosion, en 1986, du réacteur no 4 de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, ont eu des répercussions importantes, notamment sur le plan de la recherche en sûreté nucléaire. Ils ont en effet confirmé la nécessité, identifiée dès le début des années 1970, d'améliorer la connaissance du déroulement d'un accident de fusion de cœur de réacteur et de la propagation de produits radioactifs dans l'environnement qu'un tel accident peut entraîner.
Dans cet esprit, Phébus P.F. consiste à reproduire les conditions d'un accident grave de réacteur à eau sous pression (R.E.P.) afin d'étudier les mécanismes de dégradation du cœur du réacteur et le devenir des produits radioactifs libérés.
1. Les accidents graves des réacteurs à eau sous pression
Dans le cas hypothétique d'une déficience prolongée du refroidissement principal accompagnée de la défaillance des systèmes de sauvegarde, l'eau du circuit primaire entrerait en ébullition, entraînant le dénoyage progressif des crayons de combustible constitués principalement de dioxyde d'uranium. En effet, même après la chute des barres de commande et de sécurité, constituées de matériaux absorbant les neutrons, qui provoque l'arrêt de la réaction de fission nucléaire, les produits de fission qui ont été créés dans le combustible avant cet arrêt sont à l'origine d'un dégagement de chaleur équivalant à encore quelques pour cent de la puissance de fonctionnement du réacteur. La surchauffe des crayons combustibles conduirait alors à un enchaînement de phénomènes physiques aboutissant à terme à la fusion du cœur et à la libération de p […]
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