6. La religion funéraire royale
À sa mort, Pharaon rejoint son père Rê pour l'éternité, il monte à bord de la Barque solaire et il accompagne le dieu dans sa course céleste, diurne et nocturne. La sépulture royale, qui est mise en chantier le jour même de l'intronisation, peut prendre des dimensions considérables, comme on en peut juger par les grandes pyramides de Gizeh, sépultures des pharaons Chéops, Chephren et Mycérinus, de la IVe dynastie, ou par les hypogées thébains des pharaons du Nouvel Empire, avec leurs centaines de mètres de souterrains creusés dans le roc.
L'aspect céleste de la religion funéraire royale se retrouve dans les textes : on ne dit pas de Pharaon qu'il meurt, mais qu'il « s'envole » au ciel. Après sa mort, un culte funéraire perpétuel est rendu à sa ou ses statues, qui se dressent dans le temple funéraire annexé à la Pyramide à l'Ancien et au Moyen Empire, ou construit dans la vallée thébaine au Nouvel Empire ; à cette époque, il arrive que Pharaon érige de son vivant des statues à sa propre effigie et leur rende lui-même un culte.
À lire ce qui précède, on pourrait croire que Pharaon, véritable dieu sur terre, était traité comme tel par ses sujets : adoré, craint, respecté. Ce serait ne pas tenir compte de l'érosion de toute conception, surtout au cours d'une histoire aussi longue que celle de l'Égypte pharaonique. En fait, les textes ne manquent pas qui montrent l'aspect humain, trop humain parfois, de Pharaon. Les Égyptiens savaient distinguer entre la monarchie, qui était fondamentale pour leur conception du Monde, et le titulaire de la fonction, qui pouvait être faillible, voire indigne.
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