Biologiste américain. En 1909, alors qu'il est chargé de recherche à l'Institut Rockefeller, Rous réussit à provoquer des cancers solides des tissus conjonctifs (sarcome) chez des poulets sains, et ce à partir d'un filtrat acellulaire d'une tumeur aviaire. Les échecs des tentatives d'inoculation de ce cancer à d'autres espèces animales détournent l'attention des scientifiques qui considèrent les résultats de Rous comme de simples curiosités sans intérêt pour la recherche médicale. Découragé, Rous se tourne vers d'autres sujets d'étude (1915-1934) avant de revenir avec son collègue R. Shope à son sujet de prédilection, l'induction du cancer. Cependant, ce n'est que dans les années 1960, avec l'essor de la biologie moléculaire et la découverte des mécanismes de transfert de gènes, que le virus de Rous sera clairement identifié comme l'agent cancérigène (Dulbecco, 1963). Ses modalités de tumorisation seront comprises plus tard (Wang, 1975). Le pouvoir tumorigène très rapide du virus du sarcome de Rous a suscité depuis lors de très nombreux travaux qui ont abouti dans les années 1970 au concept d'oncogène, élément fondateur de la théorie moléculaire du cancer.
Professeur émérite de l'institut Rockefeller, Rous se voit décerner en 1966, soit cinquante-sept ans après sa découverte, le prix Nobel de physiologie ou médecine. Rous a alors quatre-vingt-sept ans.
Samya OTHMAN
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