Premier éditeur de musique. On doit à Petrucci l'utilisation de caractères mobiles pour l'édition de la musique mesurée. Il quitta sa ville natale, Fossombrone, demeura quelque temps près du duc d'Urbino, Guidobaldo Ier, où il put connaître les imprimés allemands. C'est là qu'il eut l'idée d'adapter la technique à la musique. Il partit pour Venise et fonda en 1498 sa maison d'édition musicale. Le premier recueil de musique parut en 1501, l'Harmonice musicae odhecaton, comprenant des chansons françaises à trois et quatre voix. Quarante-cinq volumes environ de musique sacrée, profane et instrumentale (tablatures de luth) sortirent de ses presses. Bien qu'ayant eu un privilège d'une durée de vingt ans pour imprimer aussi des tablatures d'orgue, il n'en édita jamais aucune ; on en ignore la raison. Les grands compositeurs du temps furent édités par ses soins : soit, notamment, quinze livres de messes de Josquin (1502, 1505, 1514), Obrecht (1503), Antoine Brumel (1503), Jean Ghiselin dit Verbonnet (1503), Pierre de La Rue (1503), Alexandre Agricola (1504), Marbriano De Orto (1505), Heinrich Isaac (1506), Gaspar van Weerbeke (1507), Jean Mouton (1515), Antoine de Févin (1515) ; onze livres de frottole, entre 1504 et 1515 ; six livres de tablature de luth, entre 1507 et 1515. Après avoir quitté Venise pour Fossombrone en 1511, il continua d'imprimer de la musique jusqu'en 1520 (Musica de meser Bernardo pisano sopra le canzone del Petrarcha).
Pierre-Paul LACAS
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