5. La ville et ses monuments
Le nom sémitique de Pétra, attesté dans les inscriptions nabatéennes, est Reqem, construit sur la racine rqm, qui signifie « multicolore » et qui est utilisée dans plusieurs langues sémitiques pour qualifier une étoffe ou un plumage d'oiseau. C'est un nom particulièrement adapté à Pétra dont les grès bigarrés ont toujours fasciné les voyageurs.
• Un schéma urbain original
Contrairement à l'image qu'ont pu avoir d'elle certains savants jusqu'à une date assez récente, Pétra a bien été une ville, pas seulement une nécropole ou un vaste sanctuaire. À ce titre, elle devait assurer, dans un environnement difficile, la subsistance, la circulation et la défense de plusieurs milliers d'habitants. Son organisation n'obéit pas aux schémas classiques des cités grecques et romaines du monde méditerranéen : pas de plan géométrique, pas de voirie organisée, pas d'opposition franche, qui aurait été matérialisée par un rempart, entre l'intérieur et l'extérieur de la ville, pas d'installation dans une position dominante et des ressources en eau pas directement accessibles. Au contraire, Pétra est installée dans un paysage très accidenté, au fond d'une cuvette flanquée, à l'est et à l'ouest, de massifs quasi infranchissables. Le Siq, seule voie d'accès par l'est, est moins une voie de circulation ordinaire qu'une voie processionnelle, avec ses dizaines de niches contenant des représentations divines et ses quatre dromadaires taillés dans la paroi rocheuse, plus grands que nature, portant peut-être des bétyles, conduits par leurs chameliers respectifs et tournés vers la ville. Pour leurs déplacements quotidiens, les hommes et les bêtes empruntaient plutôt, au nord-est et au sud-ouest du site, des cols reliés au centre urbain par de véritables pistes taillées dans le rocher.
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