Penseur religieux et écrivain tchèque de la tradition hussite, né près du bourg de Chelčice, en Bohême méridionale, Petr Chelčiký lut des œuvres de Thomas de Štítný et entendit peut-être des prédications de Jean Hus. Pacifiste intransigeant, il s'écarta des taborites, utraquistes radicaux et, pendant un certain temps, millénaristes, qui s'organisèrent autour de J. Želivský, pour résister, avec succès d'abord, aux troupes de Sigismond, roi de Bohême. Une communauté se rassembla autour de lui, pour développer sa critique des « ordres terrestres ». Mais son influence personnelle et celle de ses écrits se révélèrent grandes, principalement sur les groupes des « frères de la loi du Christ », qui furent organisés à Kunwald par Gregor, frère de J. Rokycana, le chef des utraquistes, et qui, après le synode de Lhotka (26 mars 1467), devaient constituer l'Unité des frères (Unitas fratrum), union dont le père « spirituel » se trouvait être ainsi en quelque sorte Petr Chelčiký lui-même.
La pensée de Chelčiký est connue par des traités (Le Combat spirituel, Les Trois États, La Sainte Église), par ses Postilles, par les Actes de ses rencontres avec d'autres théologiens et conducteurs d'Églises, ainsi que par Le Filet de la foi, méditation sur l'Église et sur l'obéissance chrétienne, qui s'ouvre par une explication de Luc (v, 1-11) portant sur l'appel des quatre premiers disciples. Il prêcha notamment la nécessité d'une obéissance inconditionnelle aux commandements du Christ, qui appelle à la séparation d'avec le monde, où règnent le désir de puissance et la violence.
Bernard ROUSSEL
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