Un de ces rares écrivains régionaux dont l'œuvre a trouvé audience par-delà les confins de leur terroir natal, Peter Rosegger doit, pour l'essentiel, sa notoriété à ses souvenirs d'enfance. Il n'est guère de recueil allemand consacré à Noël qui ne reproduise son récit Lorsque j'allais chercher les joies de la Nativité (Wie ich Christtagsfreuden holen ging).
Fils de paysan forestier, Peter Rosegger naît à Krieglach en Styrie, fréquente l'école, garde les troupeaux de son père, aide aux travaux de la ferme. On l'initie dans un village voisin au métier de tailleur ; mais, à vingt-deux ans, il part pour Graz, où il y a une école commerciale. Plus tard, il sera instituteur.
C'est avec des poèmes en dialecte styrien, d'abord publiés en revue, puis recueillis, en 1869, sous le titre de Cythare et épinette (Zither und Hackbrett), qu'il débute en littérature. Il publie en 1911 Ma Chanson (Mein Lied), son deuxième volume de vers. Entre-temps, des récits. Dans Histoires de Styrie (Geschichten aus der Steiermark, 1871), il rassemble contes de fées, légendes et soties entendus au village. Quoique constituant une contribution intéressante à la littérature populaire, cette œuvre semble pâle auprès de celles qui la suivent, Écrits d'un instituteur forestier (Die Schriften des Waldschulmeisters, 1875) et, en particulier, Forêts de mon pays (Waldheimat, 1877). Aujourd'hui encore, on lit avec plaisir les souvenirs du jeune Rosegger, qui s'en voulait aller à Vienne voir l'empereur : les gens du village lui en avaient dit tant de bien ! Les parents de l'enfant autorisent ce déplacement : en chemin, une chapelle de pèlerins accueillera le voyageur qui prie pour la guérison des troupeaux familiaux... Les souvenirs sont rapportés avec une étonnante exactitude : le long chemin jusqu'à la grand-ville — trois jours à pied —, l'égarement face à la circulation urbaine, la naïveté de l'enfant qui attend des Viennois l'aide à laquelle il est accoutumé au pays, et le coup de chance qui lui permet de s'introduire enfin da […]
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