Par son aspiration à se confronter à toutes les réalités, le Hongrois Peter Eötvös produit une œuvre extrêmement diversifiée mettant à profit l'éventail des options qui sont aujourd'hui à la disposition des compositeurs. « Préoccupé par le phénomène musical pur (la composition) autant qu'impur (la diffusion et les choix politiques qui en découlent), Peter Eötvös considère comme un bloc infrangible ses activités de compositeur « sans frontière », de chef d'orchestre et de conseiller musical pour diverses institutions européennes. » (Frank Langlois).
1. Une entité indivisible : compositeur et chef d'orchestre
Né le 2 janvier 1944 à Székelyudvarhely (alors en Hongrie, aujourd'hui Odorheiu Secuiesc, en Roumanie), en Transylvanie – comme György Ligeti et György Kurtág –, Peter Eötvös est, de 1958 à 1965, élève à l'Académie Franz-Liszt de Budapest, où il étudie plusieurs instruments – le piano, le violon, la flûte, les percussions –, la composition et la direction d'orchestre. Il commence à composer, pour le cinéma, la télévision et le théâtre. Ses influences ? Gesualdo, Bartók, Kodály, Stravinski, Kurtág, Boulez, Stockhausen, le jazz (notamment Miles Davis), Frank Zappa... Ayant obtenu son diplôme de composition en 1965, il obtient une bourse qui lui permet de se perfectionner à la Hochschule für Musik de Cologne (1966-1968), où il étudie avec Wolfgang von der Nahmer (direction d'orchestre) et Bernd Alois Zimmermann (composition) ; il y est, en 1968, diplômé de direction d'orchestre « avec distinction ». De 1968 à 1976, il collabore étroitement avec Stockhausen et, de 1971 à 1979, travaille au studio de musique électronique de la Westdeutscher Rundfunk que dirige Stockhausen à Cologne.
Au milieu des années 1970, Eötvös se tourne vers la direction d'orchestre, sans pour autant abandonner la composition. C'est Pierre Boulez qui lui permet de commencer à diriger à haut niveau en lui confiant le concert inaugural de l'I.R.C.A.M., en 1978, puis en lui demandant en 1979 de devenir directeur musical de […]
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