On ne peut que féliciter le musée d'Art moderne de la Ville de Paris d'avoir organisé, du 30 mai au 7 septembre 2008, une exposition consacrée à l'artiste écossais Peter Doig. La manifestation avait un double mérite. Tout d'abord, elle offrait à un large public la possibilité de découvrir un grand peintre d'aujourd'hui, célébré un peu partout dans le monde. Ensuite, les peintures de Peter Doig permettaient de s'interroger sur la place qu'occupe actuellement, principalement en France, la peinture au sein de la création contemporaine.
Né à Édimbourg en 1959, l'artiste a passé une grande partie de sa jeunesse à voyager. Sa famille s'installe d'abord à Trinidad, puis au Canada. À dix-neuf ans, il part pour Londres, avec l'idée de vivre dans la ville qui avait produit la majorité des disques qu'il écoutait. Il s'inscrit à la Saint Martin's School of Art, où il passe trois ans. Il repart ensuite pour le Canada et travaille comme décorateur en se servant déjà de photographies pour déclencher son processus de création. En 1989, il est de retour à Londres, où il suit les cours de peinture du Master School of Arts de Chelsea, et reçoit le Whitechapel Artists Award, qui lui vaut quelques critiques élogieuses et lui permet d'exposer régulièrement. Aujourd'hui, Peter Doig vit et travaille à Trinidad. Il a choisi la peinture comme moyen d'expression, même « s'il s'agissait, dit-il, d'une activité un peu à part à l'époque ». Avec un petit groupe d'artistes, que l'on affublait du qualificatif de punk expressionnists, il entendait ainsi réagir contre un art coupé du flux urbain. « Je commençais, dit-il, à faire des tableaux à l'aspect relativement ordinaire représentant des sujets relativement modestes. »
Peter Doig utilise la technique la plus classique qui soit, la peinture à l'huile. À partir de tout un arsenal de techniques remarquablement maîtrisées, il travaille ses surfaces en jouant sur les textures comme sur les matières, et utilise aussi bien les teintes pures que les mélang […]
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