7. Thérapeutique et prévention
Les sulfamides et certains antibiotiques ont radicalement transformé le pronostic de la peste et assuré sa chimioprophylaxie au point de faire remettre en cause le principe même de la vaccination spécifique. Le traitement doit être mis en œuvre dès la moindre suspicion et sans attendre la confirmation du diagnostic ; le port d'un masque est obligatoire pour le personnel soignant. À l'exception de la pénicilline, la plupart des antibiotiques, et en particulier la chloromycétine, la terramycine, l'auréomycine, donnent d'excellents résultats, mais la streptomycine reste le traitement de choix de toute forme de peste. En cas de peste pulmonaire, la streptomycinothérapie, lorsqu'elle est entreprise dans les 15 heures suivant l'apparition des symptômes, assure normalement la guérison mais la présence d'un plasmide conférant au bacille la résistance à cet antibiotique a été décelée en 1995 à Madagascar. C'est une grave cause d'échec pour la thérapeutique.
La chimioprophylaxie par la tétracycline ou par les sulfamides permet d'éviter la vaccination préventive. Celle-ci est réalisable soit à l'aide du vaccin inactivé conférant une immunité de moins de six mois, soit à l'aide de vaccin vivant de l'Institut Pasteur (souche vaccinale EV de G. Girard et J. Robic).
Les mesures générales de prophylaxie doivent viser les rats, les rongeurs sauvages, les animaux domestiques et les ectoparasites vecteurs (puces et poux). Les principaux moyens employés sont les insecticides, les rodenticides et les fumigants. L'action destinée à éliminer la maladie de foyers naturels potentiellement dangereux est de longue haleine et doit s'appuyer sur une étude approfondie de la région concernée. La déclaration de la maladie (mesure de quarantaine) est obligatoire au niveau national et international.
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