5. Épidémiologie
Parmi les hôtes de l'infection, il faut distinguer, après le rat noir, Rattus rattus, initialement incriminé comme seul réservoir et seul propagateur de la peste :
– les rongeurs commensaux de l'homme, qui pénètrent sans y gîter dans les maisons et dont le type est le rat gris ou Rattus norvegicus ;
– les rongeurs champêtres, sans contact avec l'homme, mais en contact avec les espèces précédentes commensales ou domestiques ;
– les rongeurs sauvages, dont les espèces varient selon les régions : tarbagan, spermophile, mérion, gerbille, écureuil, qui assurent d'une part la transmission du germe aux espèces commensales, d'autre part la persistance de l'infection dans la nature. Le rôle de ces espèces, capables en général d'aménager des terriers profonds, est capital dans le maintien du bacille de la peste sous terre (peste « endogée »).
Les vecteurs de l'infection sont essentiellement les puces, dont le rôle fut démontré par P. L. Simond en 1898. Contaminée par un animal en phase septicémique, la puce héberge ensuite le bacille dans son tube digestif où il se multiplie. Puis elle le transmet principalement par piqûre, à l'occasion de régurgitation sanguine du fait du blocage de l'estomac et du proventricule (Bacot et Martin).
La persistance de la peste dans les foyers naturels a été attribuée successivement au rôle des rongeurs hibernants, à la survie des ectoparasites et à l'infection chronique de certains rongeurs. Actuellement, il est bien admis que le bacille de la peste peut survivre et se multiplier dans le sol des terriers de rongeurs lorsque le microclimat et diverses conditions s'y prêtent. On a montré que des rongeurs sains utilisant ces terriers peuvent s'y contaminer (H. Mollaret et Y. Karimi).
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