3. La peste humaine
Il faut opposer la peste bubonique – dite encore zootique –, survenant après piqûre d'un ectoparasite infecté, à la peste pulmonaire primitive, ou peste démique, succédant à une contamination interhumaine directe par voie respiratoire.
– La peste bubonique, après une incubation de un à dix jours et une brève période d'invasion, réalise d'emblée un syndrome toxi-infectieux extrêmement grave, avec apparition rapide du bubon caractéristique, c'est-à-dire d'une adénite dure et douloureuse, siégeant dans le territoire lymphatique correspondant à la porte d'entrée du germe (le plus souvent à l'aine ou à l'aisselle). En l'absence de traitement, l'évolution aboutissait à la septicémie terminale, mortelle le plus souvent entre le cinquième et le huitième jour de la maladie.
– La peste pulmonaire (primitive ou pneumopeste) est à distinguer de la peste pulmonaire secondaire et à certains cas de peste bubonique. La transmission interhumaine par voie respiratoire dépend de facteurs climatiques : humidité atmosphérique, température inférieure à 15 0C. Là où manquent ces facteurs, cette forme est pratiquement inconnue. Elle se répand au contraire en saison froide par contagion directe à partir d'un cas de peste bubonique compliqué de peste pulmonaire secondaire. L'incubation est brève : de quelques heures à deux jours. Les signes infectieux et toxiques sont très nets et contrastent avec la pauvreté des signes thoraciques. L'expectoration, fluide et striée de sang, est extraordinairement riche en bacilles. L'évolution, en l'absence de traitement, était constamment fatale en deux ou trois jours au plus.
– La peste septicémique n'est pas une forme réellement particulière de la maladie ; la septicémie pesteuse est l'évolution terminale habituelle de toute forme de peste, bubonique ou pulmonaire.
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