4. La structure perverse
C'est à Lacan et à ses élèves qu'il revient d'avoir repris la notion de perversion en termes de structure. Cela signifie que, à la dimension génétique, donc diachronique, qu'on vient d'indiquer, il convient, pour décrire la perversion, d'ajouter une dimension synchronique, rendant compte de l'articulation entre elles des différentes instances psychiques. En effet, le pervers se caractérise moins par ses pratiques sexuelles (dont il est facile de montrer qu'elles sont généralement multiples et relativement contingentes) que par une organisation psychique qui déborde sa vie purement érotique.
Le rapport du pervers à la Loi est particulièrement significatif. Loin de l'ignorer, comme on l'a dit parfois, en alléguant un quelconque défaut de Surmoi, « le pervers provoque et défie la Loi ». Par là, il s'assure de sa présence et de ce que quelqu'un se trouve toujours quelque part pour la lui rappeler (quitte à encourir des sanctions... aussitôt dénoncées comme abusives). C'est par là qu'il se fait soutien de l'existence d'une Loi dont il n'a pas réussi à éprouver la solidité, en la rattachant à son origine dans la différence des sexes et l'interdit de l'inceste. Mais le pervers, s'il provoque (et finalement interroge), au-delà de l'appareil législatif de la société, celui qui est le support familial de la Loi (c'est-à-dire le père), est également soucieux d'établir les fondements mêmes de toute Loi, et il devient volontiers moraliste : Sade est un prêcheur, et tout pervers se découvre volontiers une vocation d'éducateur ou d'initiateur. De même, la remise en cause des « valeurs » l'incline à refaçonner et réinterpréter la réalité communément observée dans une transfiguration poétique, artistique ou mystique. Aussi certaines activités de cet ordre sont-elles particulièrement recherchées par les pervers, qui souvent y excellent.
Bien qu'on ne puisse décrire ici les divers aspects de la structure perverse, il conviendrait tout particulièrement d'indiquer la place ém […]
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