Idée de l'Iran et études iraniennes ont subi très longtemps un morcellement désastreux. On connaît le mot d'Oswald Spengler : « L'Iran a été livré aux philologues. » Le jugement est-il juste ? La responsabilité n'est-elle pas partagée par d'autres ? Toujours est-il que la représentation la plus courante, et dont le règne n'est peut-être même pas encore tout à fait clos, morcelle la réalité iranienne en deux grands secteurs : avant l'islam (jusqu'au viie siècle) et depuis l'islam. Par la philologie de l'Avesta, le livre saint des zoroastriens, le premier secteur est limitrophe des études védiques relevant des indianistes. Quant au second secteur, les orientalistes ont eu trop longtemps tendance à le considérer comme une simple province du monde islamique, quand ce n'était pas du monde arabe.
Les Iraniens ont toujours donné à leur pays le nom d'Iran et se sont eux-mêmes désignés comme Iraniens. Qu'une tradition séculaire ait consacré en France l'usage des mots « Perse » et « anciens Perses » (« Persans » pour la période islamique), parce que la Perside (le Fārs ou Pārs est la province du Sud-Ouest par laquelle l'abordèrent les G […]
