La périodisation segmente le cours de l'histoire pour rendre les faits pensables. Ce découpage est la base de toute interprétation historique.
Périodiser rend pensable le chaos des chroniques, ordonne le fil du temps ; l'opération trahit souvent la quête obstinée d'un sens de l'histoire. De Hésiode à Marx, en passant par saint Augustin ou Hegel, les grandes visions du monde porteuses d'un sens global reposent sur une périodisation du temps de l'histoire. Ainsi, le christianisme ne se dissocie pas d'un récit chronologique ordonné en séquences : la création du monde, le monde après la perte du paradis, le monde après la venue du Christ, la fin du monde et le Jugement dernier comme fin de l'histoire. De même, Karl Marx périodise l'histoire humaine selon les modes de production : mode de production antique fondé sur l'esclavage, féodal fondé sur le servage, capitaliste à l'âge du salariat. Qu'ils soient cycliques, comme la périodisation grecque (de l'Âge d'or à l'Âge du fer) et la périodisation chinoise classique (de l'avènement d'une dynastie à sa chute pour rupture du « mandat du Ciel »), ou vectoriels, te […]
