Après de bonnes études, cet écrivain suédois né en 1934 à Hyoygböle, s'engagea dans la littérature par des romans, L'Œil de cristal (1961) et La Voie de passage (1963), où se lisaient des tendances métaphysiques qui éclateront dans Le Cinquième Hiver du magnétiseur (1964) : à partir du personnage historique de Mesmer, les insolubles conflits entre foi et doute, entendement et irrationnel sont soulignés par des personnages aux propos lourds de sous-entendus, dans une atmosphère tous les présages funestes que renforce un remarquable talent de conteur faussement objectif. Avec Hess (1966), c'est-à-dire Rudolf Hess, se dessine un infléchissement thématique et formel. Sur le fond, c'est au mystère insondable de l'être humain, créature de passion, de violence et de détresse que va l'attention de l'auteur-observateur. Dans sa forme, Hess pratique la technique du « collage » par épisodes juxtaposés, apparemment sans lien. C'est dans ce dernier sens qu'évoluera désormais sa production, jusqu'à faire de son auteur un des grands tenants de l'école dite du roman-document fondé sur une authentique expérience vécue et s'entourant de toute la docume […]
