La première démonstration de la présence chez les insectes d'une activité antibactérienne a été publiée par Glaser en 1918. Cet auteur, travaillant sur le criquet Melanopus femur rubrum, notait en effet que l'injection d'une faible dose de germes bactériens à des insectes faisait apparaître dans leur sang une activité antibactérienne puissante au bout de quelques heures. Il interprétait cela comme étant une réaction « immunitaire » chez l'insecte ainsi « stimulé ».
Au cours des années suivantes, les études du groupe de Metalnikov à l'Institut Pasteur (Metalnikov, 1920, 1933 ; Metalnikov et Gaschen, 1922 ; Zernoff, 1928 ; Chorine, 1931) et de Paillot à Lyon (Paillot, 1920, 1933) ont confirmé ce résultat montrant que l'injection de faibles doses de bactéries induit chez différentes chenilles (galléria, bombyx) l'apparition d'une protection (« immunisation ») contre l'injection subséquente de doses normalement léthales. En 1933, Metalnikov concluait que les réactions antibactériennes des insectes impliquent cinq manifestations : la phagocytose, la formation de cellules géantes, l'encapsulement, la sécrétion de substances antibactériennes et la production d'anticorps. Ce dernier point n'a pas été confirmé par la suite, et il est actuellement clair que les insectes ne connaissent pas de système immunitaire de type antigène-anticorps au sens où on l'entend chez les Mammifères. Par contre, la sécrétion de substances antibactériennes a été au centre de recherches actives.
Ce n'est cependant qu'au début des années 1980 que les molécules responsables de l'activité antibactérienne d'insectes « immunisés » ont été identifiées sur le plan structural. Les premiers travaux d'isolement et de caractérisation furent réalisés par le laboratoire de Boman à l'université de Stockholm. Ces auteurs ont injecté de faibles doses de germes à des pupes diapausantes du lépidoptère Hyalophora cecropia et ont constaté chez ces organismes, en semi-repos métabolique, la synthèse rapide de plusieurs peptides dont certains présentaient […]
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