À l'origine, le péon est le travailleur agricole, non propriétaire, qui n'a que la force de ses bras pour vivre. Au xixe siècle, quand s'est posé en Amérique latine le problème de la main-d'œuvre agricole, une pratique nouvelle est apparue et a modifié le sens du mot. Par « péonage » on entend alors le système qui relève du seul droit non écrit et qui consiste à attacher l'ouvrier agricole à la propriété sur laquelle il travaille, en l'obligeant à s'endetter.
Le village est généralement trop loin pour qu'on puisse aller y faire les achats indispensables et, dans la plupart des cas, les travailleurs sont payés sous forme de crédit ouvert dans le magasin du domaine (latienda de roya) qui appartient au maître. Cette pratique vise d'ailleurs autant, sinon plus, à contraindre le péon au travail qu'à l'immobiliser.
La modernisation économique, en cours au xixe siècle (le continent devient grand exportateur de produits agricoles et de matières premières), impose en effet au travailleur rural une charge qu'il n'accepterait pas spontanément. La productivité doit augmenter, sans révolution technique. Le rythme du travail change […]
