2. Approcher la condition humaine
Reste le génie de l'écriture et de la réflexion, qui a tant frappé. Voltaire lui-même qui s'est acharné à séparer le génie de la superstition en suivant pas à pas les textes dont il disposait, en était fasciné. Extrême concision, terrible clarté, refus de la rhétorique ornementale, éloquence véritable sans périodes ni dérives, le style de Pascal frappe par sa nudité pour sans cesse approcher la condition humaine, elle-même incapable de comprendre la totalité à laquelle elle appartient. Jean Mesnard y voit la marque du tragique et du dépassement du tragique ; homme sans Dieu infiniment observé, analysé, épié, Pascal, par son pari incertain et lapidaire, est aussi homme avec Dieu : « Examinons donc ce point et disons : Dieu est, ou il n'est pas. Mais de quel côté pencherons-nous ? La raison n'y peut rien déterminer. Il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu, à l'extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile : que gagerez-vous ? »
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